Frais de scolarité universitaires : laissons les faits parler!

Selon une perception largement ré- pandue et véhiculée par les « think thank » de droite comme l’IEDM, un des pires fléaux affectant le Québec en 2010 a trait à la question des frais de scolarité. Ces derniers sont pas- sés maîtres dans l’art de faire croire que les frais de scolarité sont tou- jours gelés, malgré une hausse de 2007 à 2012 de près de 30 %, soit trois fois plus que la courbe d’infla- tion pour cette période. Notons éga- lement qu’au cours de la période où les frais de scolarité ont été gelés au Québec – de 1994 à 2007, les frais institutionnels obligatoires (FIO) ont bondi de près de 289 % (FEUQ 2009).

Au final, le débat auquel nous invi- tent l’IEDM et ses sympathisants est en réalité fondé sur une fausse pré- misse : selon eux, les frais de scola- rité n’ont pas d’impact sur l’accès aux études. En fait, selon les minis- tres de l’Éducation du Canada (CMEC 2007), toutes les études sé- rieuses démontrent que les hausses de frais de scolarité ont un impact sur l’accessibilité aux études. Le MELS lui-même, dans une étude qu’il a commandée, reconnaît que « sans surprise, les droits de scolarité ont un effet négatif sur la probabilité de s’inscrire » (MELS 2007).