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Frais de scolarité

Poids: 
-8
Bref descriptif: 

Sujet de nombreuses interventions publiques, les frais de scolarité sont un sujet des plus sensibles.

Les frais de scolarité et l’université
Louis-Philippe Savoie, vice-président aux affaires universitaires, FEUQ 
 
Sujet de nombreuses interventions publiques, les frais de scolarité sont un sujet des plus sensibles. Pour certains, des frais de scolarité élevés n’ont aucun impact sur l’accessibilité aux études postsecondaires alors que des frais de scolarité bas sont essentiellement une taxe sur les plus pauvres. Qu’en est-il des frais de scolarité en 2009 au Québec ?

Que sont les frais de scolarité?

Les frais de scolarité sont fixés annuellement par le gouvernement du Québec, sur recommandation de la ministre de l’Éducation, poste dont Michelle Courchesne est l’actuelle titulaire. Ces frais sont fixes d’un établissement à l’autre et d’un domaine d’études à l’autre, contrairement aux frais institutionnels obligatoires (ou frais afférents) qui s’ajoutent à la facture étudiante.

Combien coûtent les frais de scolarité?

De 1994 à 2007, les frais de scolarité ont été gelés à un tarif fixe : 55,61 $/crédit. À partir de l’année 2007-2008, le gouvernement du Québec a décidé de dégeler les frais de scolarité de 3,33 $/crédit par an : 100 $ de plus par an jusqu’en 2011-2012
Pour l’année 2009-2010, ils sont fixés à 65,60 $ par crédit, ou 1968 $ pour une année universitaire de 30 crédits. Un étudiant qui a terminé un baccalauréat de 90 crédits en 2006-2007 a payé près de 5000 $, uniquement en frais de scolarité, alors qu’un autre entamant le même baccalauréat cette année aura à payer près de 6200 $ : 1200 $ de plus.

Quels sont les effets du dégel actuel?

L’accessibilité aux études est une dynamique complexe où plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : le sexe, la réussite des études antérieures et le revenu familial jouent tous un rôle. Il est donc difficile d’isoler le rôle des frais de scolarité et des autres frais dans l’accessibilité aux études. Toutefois, le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada, dans une revue de littérature extrêmement détaillée, concluait que les études les plus poussées concluaient à une relation claire entre hausse des frais de scolarité et réduction de l’accessibilité aux études postsecondaires . Les études les plus simplistes, celles que les tenants du dégel brandissent, tendent quant à elle à nier le rôle des frais de scolarité dans l’accessibilité. Même le MELS, dans les études qu’il a commandées, reconnaissait que de 6 000 à 13 000 étudiants n’accèderaient pas aux études universitaires à la suite d’un dégel des frais de scolarité similaire à celui qu’il a implanté. 

Que se passera-t-il après la fin du dégel actuel ?

Jusqu’à présent, personne ne connaît les intentions du gouvernement. Le Devoir a révélé, le 13 juin 2009, que l’UQAM comptabilisait, dans son budget, des hausses de 100$ par année jusqu’en 2015-2016.  La journée même, le MELS a nié ces informations tant au Devoir qu’à la FEUQ dont les associations étaient réunies en camp de formation.
Plusieurs soutiennent qu’il faut poursuivre, voire accélérer la politique actuelle de dégel des frais de scolarité. La FEUQ ne partage pas cette vision réductrice de l’université et considère qu’il faut stopper la politique actuelle. Une réflexion d’ensemble sur l’université au sein du système d’éducation au Québec s’impose, réflexion où tous les acteurs de la communauté universitaire seraient invités et où une vision claire de l’université au sien du système éducatif québécois serait construite – en somme, des États généraux sur l’éducation.

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