Étudiants internationaux
Lysiane Boucher
Coordonnatrice aux affaires fédérales et internationales, FEUQ
La réalité des étudiants internationaux nous concerne et nous préoccupe depuis fort longtemps à la Fédération étudiante et elle demeure au cœur de l’actualité. Effectivement, depuis septembre 2008, six familles de programmes de premier cycle ont subi une déréglementation progressive et qui sera complète en 2013-2014 des frais imposés aux étudiants internationaux de premier cycle. Les étudiants des facultés d’administration, de génie, de droit, d’informatique, de mathématiques et de sciences pures verront l’administration de leurs frais complètement gérée à la discrétion des administrations universitaires. Non seulement ces étudiants subissent des difficultés quant à l’obtention des divers permis et visa requis pour venir s’installer au Québec, mais des frais non prévisibles viennent s’ajouter à leur facture. Le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études (CCAFE) a même recommandé de suspendre la déréglementation tant que l’impact sur les étudiants internationaux n’aura pas été dûment analysé .
Un cheminement accéléré pour les étudiants internationaux
Le 16 juin dernier, la ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles, madame Yolande James, annonça une nouvelle initiative du gouvernement du Québec afin de faciliter l’obtention de la citoyenneté canadienne, et ce, grâce à la distribution d’un certificat de sélection du Québec aux étudiants internationaux ayant obtenu un diplôme d’études au sein d’une institution québécoise. Effectivement, cette mesure annoncée par le Premier ministre Charest lors de son discours inaugural vise à favoriser l’établissement et la rétention d’une main-d’œuvre hautement qualifiée nécessaire au développement du Québec et du Canada.
Discours contradictoire
Par contre, peu d’analyse est nécessaire pour tirer la conclusion que le gouvernement québécois tient un discours paradoxal. Prendre la décision de déréglementer les frais pour les étudiants internationaux en laissant libre cours à l’administration des universités de les augmenter à leur plein gré pour ensuite favoriser leur rétention au Québec lance un message contradictoire. Le propos que lance le gouvernement s’interprète comme étant, d’une part, une invitation aux étudiants internationaux à venir s’installer au Québec après leurs études que nous sommes disposés en tant que société à les accueillir tout en bénéficiant de leurs connaissances acquises, mais que, d’autre part, nous leurs limitons l’accès aux universités en permettant à ces dernières de leur imposer des frais rébarbatifs qui seront par définition imprévisibles.
Solution proposée par la FEUQ : Un crédit d’impôt pour favoriser la rétention
Afin de rendre le discours cohérent et d’assurer une qualité de vie adéquate aux étudiants internationaux, la FEUQ compte explorer une avenue innovante et favorable à l’ensemble des acteurs. Nous évaluerons donc la faisabilité d’un crédit d’impôt qui viendrait, sur quelques années, couvrir les frais différenciés payés par les nouveaux arrivants (qui viennent s’additionner aux frais demandés aux étudiants québécois) en vue de l’implantation d’une telle politique. N’oublions pas que le Québec est depuis toujours une terre d’accueil et que l’intégration des étudiants internationaux diplômés au Québec constitue une voie d’avenir pour répondre à la fois à ses besoins de personnel hautement qualifié et dans une société du savoir.
